
Dans le cadre de la mise en oeuvre de ses orientations stratégiques et de l’amélioration continue de sa gouvernance financière, comptable et institutionnelle, la Société Nationale de Recouvrement (SNR) a organisé un séminaire stratégique de haut niveau consacré aux problématiques financières, comptables et patrimoniales de l’institution. Cette importante rencontre d’une journée s’est tenue ce mercredi 10 juin 2026, à Dakar, sous le thème : « Assainissement financier, consolidation patrimoniale et renforcement de la gouvernance de la Société Nationale de Recouvrement ». Elle a été présidée par M. Amadou Birahim Guèye, représentant le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, en présence du Directeur général de la SNR, Maître Babacar Ndiaye, des autorités administratives, financières et de contrôle, des représentants de la Primature, de la présidence de la République, ainsi que des partenaires institutionnels et experts concernés.
Objectif : « engager une réflexion stratégique sur plusieurs problématiques structurelles affectant durablement la situation financière et patrimoniale de l’institution »
Il s’agit ici d’une initiative qui procède de la volonté de la direction générale de la SNR d’inscrire la gestion de l’entreprise dans une dynamique de consolidation des équilibres financiers, d’assainissement des comptes, de clarification des engagements réciproques avec l’Etat du Sénégal ainsi que de renforcement de la soutenabilité financière et institutionnelle de la SNR.
La rencontre se veut ainsi un cadre institutionnel de concertation, de réflexion stratégique et de partage d’expertises destiné à favoriser une compréhension approfondie des enjeux identifiés et à dégager des pistes de solutions conformes aux exigences de bonne gouvernance, de transparence et de performance assignées aux entreprises du secteur parapublic. Le but est d’engager une réflexion stratégique sur plusieurs problématiques structurelles affectant durablement la situation financière et patrimoniale de l’institution, notamment : l’apurement des non-valeurs d’actifs ; les dettes croisées entre l’État du Sénégal et la SNR ; le traitement du report à nouveau débiteur ; et les mécanismes de résorption des capitaux propres négatifs.
Il s’agit donc de procéder à une analyse approfondie des contraintes financières, comptables et patrimoniales identifiées ; examiner les mécanismes juridiques, comptables et financiers d’apurement des non-valeurs ; analyser les implications des dettes croisées et des engagements réciproques entre l’Etat et la SNR ; identifier les options de reconstitution des capitaux propres ; et formuler des recommandations pour améliorer durablement la situation financière de la SNR.
La nécessité de réactualiser la mission de la SNR pour répondre aux nouveaux enjeux
Dans sa présentation de l’historique et la mission de la SNR, le Directeur général est revenu sur les défis majeurs. Selon Maître Babacar Ndiaye, il y a nécessité aujourd’hui de revoir le statut de la SNR, actuellement société nationale relevant de la loi 90-07 en précisant toutefois que même dans sa forme actuelle, la société est à mesure de répondre à beaucoup de préoccupations émises par les impératifs du devenir.
« S’il est unanimement reconnu que l’activité de recouvrement est une composante essentielle de l’économie, il faut admettre aujourd’hui que la réactualisation de la mission de la SNR mérite une réflexion compte tenu des nouveaux enjeux économiques et de la nécessité de capitaliser l’expérience acquise par cette structure au cours des ces années », a souligné Maître Babacar Ndiaye.
Il ajoute : « La conservation des avantages et autres privilèges pour la garantie et la procédure de recouvrement des créances dans le portefeuille de la SNR suppose une approche intelligente qui permettra d’avoir des régimes différents, selon la nature des créances en portefeuille. Le périmètre de l’intervention ou des missions de la SNR peut être élargi sans aucune difficulté à toutes les créances publiques comme privées et les services de la SNR peuvent être ouverts à toutes les personnes publiques ou privées, selon les modalités ou mandat ou de cession de créance, conformément au droit des obligations ».
Un bilan chiffré significatif
Malgré ces problématiques financières, comptables et patrimoniales, la SNR a réalisé des performances économiques, au cours des deux dernières années. Au 30 juin 2025, elle a recouvré un total de 82,17 milliards FCFA, dont 68,11 milliards sur le portefeuille originel ; et 14,06 milliards sur les portefeuilles récemment confiés.
Sur les 512,78 milliards FCFA transférés des anciennes banques, 92,40 milliards ont été enrôlés, soit 18% de l’encours : 10% pour la BNDS ; 4% pour l’UCB, et 2% pour la BSK.
Les montants dégelés atteignent 39 milliards FCFA à fin juin 2025. Et depuis juin 2024, plus de 4,18 milliards ont été recouvrés sur les portefeuilles en cours, et plus de 3 milliards FCFA versés au trésor public.
Une stratégie inclusive pour apurer le passif
Selon le Directeur général de la SNR, l’Etat du Sénégal, soucieux de respecter ses engagements envers les bailleurs de fonds, a mis en œuvre une politique de remboursement inclusive. Et celle-ci a permis de toucher un large éventail de petits déposants tout en assurant le remboursement quasi-total des gros déposants. Le plan d’action repose sur : une approche ciblée des débiteurs restants ; des solutions amiables et de médiation ; l’exploitation des actifs récupérés pour renforcer les capacités de remboursement ; et une coordination étroite avec les autorités de tutelle.
« Une démarche courageuse et lucide »
Le représentant du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, pour sa part, a salué la démarche « courageuse et lucide » de la SNR qui, selon lui, a choisi d’aborder frontalement et collectivement les problématiques structurelles qui pèsent sur sa situation financière et patrimoniale.
Pour M. Amadou Birahim Guèye, cette rencontre revêt une importance particulière en ce qu’elle offre un cadre de concertation entre les différentes parties prenantes pour confronter les diagnostics et dégager les orientations partagées.
A ce titre, le représentant du ministre Cheikh Diba a formulé deux recommandations, à savoir : faire de ce séminaire un outil d’actions et non un exercice de style, et élargir la réflexion aux dimensions stratégiques et de gouvernance de la SNR.
Plusieurs thématiques abordées par les participants
Au cours de ce séminaire, les participants ont abordé plusieurs thématiques à travers des panels de haut niveau. Il s’agit de : « Historique et évolution de la Société nationale de recouvrement (SNR) », « Etat des lieux et obstacles comptables survenus après 1992 », « Le report à nouveau débiteur hérité », « Patrimoine de la SNR : état des lieux, défis et perspectives », « Les capitaux propres négatifs », « Présentation du rapport sur les dettes croisées », et « Présentation du rapport sur les non-valeurs d’actifs de la SNR ».
La SNR, pilier de l’assainissement financier au Sénégal
A rappeler que depuis sa création par la loi n°91-21 du 16 avril 1991, la Société Nationale de Recouvrement (SNR) s’est imposée comme un acteur central dans le processus d’assainissement du secteur bancaire sénégalais. Sa mission principale consiste à recouvrer les créances issues de la liquidation des anciennes banques d’Etat, à savoir : BNDS, BIAO-Sénégal, SOFISEDIT, SONABANQUE, SONAGA, Union sénégalaise de banque et BSK, tout en garantissant le remboursement des dépôts gelés et en restaurant la confiance des acteurs économiques.
Elle a également reçu la « Palme internationale de la société de recouvrement la plus dynamique d’Afrique de l’Ouest ». Une distinction décernée par Eco Finance entreprise dans le « Top 100 des entreprises les plus dynamiques d’Afrique, édition 2026.
COM-SNR/Seneweb