Avocat et aujourd’hui directeur général de la Société nationale de recouvrement (SNR), Me Babacar Ndiaye retrace son parcours, de Dagana à Dakar, où il conjugue passion du droit et engagement politique au service de son pays.
Né à Dagana, Me Babacar Ndiaye a débuté son cursus scolaire dans cette ville du nord du Sénégal. Élève brillant au Collège d’enseignement moyen (CEM) Alyx Madyana, où il obtient en 1996 son Brevet de fin d’études moyennes (BFEM), il figurait parmi les quatre meilleurs élèves de l’établissement : « 1 rouge, 2 verts, 1 bleu », se souvient-il.
Un bémol : à cette époque, « malgré mes bons résultats, j’ai été mal orienté au lycée », déplore-t-il, dénonçant une décision qu’il qualifie d’injuste. Très déterminé et conscient de son potentiel, il estime que l’orientation logique aurait été de suivre des études classiques, notamment au lycée Malick Sy de Thiès. Loin du cocon familial, il gagne en maturité et saisit cette opportunité pour s’y consacrer pleinement. Au bout de trois ans, c’est la consécration : il décroche son baccalauréat, série L2. « Mes parents étaient très fiers et satisfaits de mes résultats », confie-t-il.
Bien qu’il ait eu la possibilité de voyager, il choisit de rester au Sénégal. Il rejoint l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, à l’Institut de Droit, option Droit public. C’est là qu’il décroche sa Maîtrise en 2005, puis son Diplôme d’Études Approfondies (DEA) en 2007.
Ses performances à la SNR
En 2008, il quitte Saint-Louis pour s’installer à Dakar avec un objectif clair : « me battre à vie pour soutenir mes parents ». Il ouvre alors son propre cabinet et donne, dans un esprit de partage, des cours gratuits à des étudiants en droit.
Il dispense également des cours en droit constitutionnel et en institutions politiques à de jeunes surdoués de Dakar. Il décide ensuite d’intégrer le barreau pour défendre les justiciables dans le respect de la loi : « Je déteste l’injustice », affirme-t-il.
« J’ai passé le concours en 2010, je l’ai réussi, et suis devenu avocat en 2011. J’ai prêté serment en 2012 », explique-t-il. Il effectue son stage obligatoire de trois ans au cabinet de Me Abdou Thiam, avant de fonder son propre cabinet en 2021.
Depuis le 19 janvier dernier, Me Babacar Ndiaye a temporairement mis sa carrière d’avocat entre parenthèses pour occuper le poste de directeur général de la Société nationale de recouvrement (SNR), une entreprise qu’il a trouvée dans une situation extrêmement difficile :
« L’élan de recouvrement était très faible. »
Son objectif est ambitieux : porter le recouvrement à 2 milliards de F CFA. À son arrivée, les résultats ne dépassaient pas les 100 millions, dit-il. Il mise sur la jeunesse et le renouvellement des méthodes de gestion :
« Je fais confiance aux jeunes talents pour renforcer les équipes. »
Les premiers résultats sont encourageants :
« Dès notre arrivée, nous avons réussi à recouvrer plus de 200 millions de F CFA au premier trimestre de 2024, même si une baisse a été notée au quatrième trimestre », précise-t-il.
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Du militantisme au PDS à l’engagement aux côtés de Sonko
Son engagement politique débute au sein du Parti démocratique sénégalais (PDS), inspiré par Me Abdoulaye Wade :
« J’étais animé par un idéal. Mais, une fois au pouvoir, j’ai constaté que ces idéaux n’étaient plus d’actualité. Alors, j’ai quitté. »
Toujours à la recherche d’un leader charismatique, il rejoint un temps Me Abdoulaye Sylla, puis découvre Ousmane Sonko en 2016. Séduit par son discours de rupture, il devient en 2018 un membre actif du Pastef, s’engageant « pour contribuer à la construction du pays et de l’Afrique en général ».
Me Babacar Ndiaye faisait partie du pool d’avocats qui défendait Ousmane Sonko lors de ses démêlés avec la justice. Il reconnaît que ce soutien n’était pas facile à l’époque. Il se souvient :
« Puisque nous étions convaincus que la vérité était de son côté, nous étions prêts à tous les sacrifices pour le défendre. »
Mais cette posture courageuse ne fut pas sans conséquences. L’avocat était constamment surveillé :
« Il m’arrivait d’avoir sur mon dos des agents de renseignements. Je me souviens qu’un jour, en déplacement à Tambacounda, l’hôtel a reçu la visite de gendarmes informés de ma présence dans la ville », raconte-t-il.
Malgré ce qu’il considère comme de l’acharnement, il est resté debout, convaincu que le combat finira par triompher. Aujourd’hui que le pouvoir est entre les mains des patriotes, il tient à rappeler ce message :
« Un pays ne se construit pas en un seul jour. »
Me Babacar Ndiaye garde un grand espoir quant à la réalisation de leurs ambitions pour un Sénégal meilleur et une Afrique unie.



